Planète plate, 4

Par Fabrice Caravaca. Lisez ici le premier épisode, ici le deuxième. et là le troisième

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Les naissances de la planète plate se font plurielles. Elles participent de séquences astronomiques. Les naissances se répètent. Les naissances font de la répétition un élément primordial de la constitution de l’histoire de la planète. Elles participent d’une généalogie séquentielle et plusieurs fois quantique. Chaque naissance contient tout à la fois, de manière évidente, l’ensemble des naissances multiples et multipliées de la planète. La planète se génère elle-même par elle-même comme puissance et force simples et toujours partout présentes. La planète plate comme reproduction de l’idée de la planète plate. Multiplications singulières qui sont la matière même de la planète. La matière toujours répétée et ressentie de la planète par la planète. L’essor simple et minimal de la planète dans l’ensemble des naissances qui la constituent et qui la font aussi idée et perfection. La planète parfaite dans l’ensemble de ses naissances. C’est-à-dire parfaitement présente en tant que planète qui se définit aussi dans la répétition de ses naissances.

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Les extensions de la planète ne sont pas territoriales. La planète se définit dans l’évidence de l’infini. Parce que la planète est une planète plate c’est ainsi que ses extensions se font sensibles. La planète plate se définit dans une invention toujours partielle de la finitude de plusieurs infinis toujours eux aussi indéfinissables. Présents intensément mais indéfinissables. La planète est tout à la fois planète et l’idée de la planète. En tant qu’idée, la planète est un réservoir infini d’elle-même. La planète est un réservoir continu qui se remplit et se vide du contenu de l’idée de la planète. La planète : cause et conséquence de la planète et de l’idée infinie de la planète. C’est en cela que la planète est une extension de la planète. Une extension plurielle. Il existe un vertige possible à vouloir comprendre la planète comme une entité géographique. Ce serait davantage une entité linguistique qui ne connaîtrait pas de langue pour formuler l’idée de l’idée de la planète. La planète peut se nommer planète plate. C’est une possibilité dans l’infini qui se perd et s’égare. La planète alors pourquoi pas est une planète-planète. Ou une planète-planète-planète. Ou encore une planète-planète-planète-planète-planète. Parfois plate quand l’idée de la planète s’épanche.

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La planète à perte de vue. Et encore au-delà. Comme un mirage permanent qui fait des horizons de la planète une perpétuelle continuité de l’horizon et du hasard. La planète comme des lointains vivifiants se renouvelant eux-mêmes et se prolongeant les uns les autres. La planète est une planète sans limites. La planète n’est pourtant pas, dans sa matière géographique, extensible. Elle serait par contre possiblement élastique et perméable à l’élasticité de sa matière première. En quelque sorte perméable à l’existence tout aussi bien de l’idée de la planète et de l’idée du rêve de la planète. La planète n’est pas une planète rêvée mais bien de façon simple une planète à l’intérieur de son propre sommeil. Et tout à l’intérieur de son propre rêve. La planète plate ne s’étend pas sur les dimensions mathématiques du hasard ou de son propre rêve. Étant planète, elle est. À dire le vrai et en d’autres termes : la planète ne se justifie pas. Étant planète, elle vit son état. Elle vit aussi un état de perfection. Dans les lointains de la planète plate : l’existence toujours parfaite de la planète.

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L’être de la planète dans la fusion de son histoire géologique et du bonheur métaphysique. C’est-à-dire toujours présent au moment précis, au moment opportunément retrouvé ou convoqué par le principe de fusion et celui d’énergie vagabonde et rhyzomique et vivante dans la continuation des moments opportunément retrouvés. Une fusion donc énergique. Une fusion d’énergies renouvelée comme en une communication de temporalités plus vastes et précises à la fois que les notions de présent et passé et futur. Comme une éternité de moments opportuns et énergiques dans la fusion de l’histoire et du bonheur et aussi dans une géologie et une métaphysique de l’être de la planète qui tend à un être planète. Ou un être planète-planète.

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La planète plate vue de l’intérieur. La planète plate depuis l’intérieur des rêves rêvés de la planète plate. La planète au milieu d’elle-même est saisissante. Vue de l’intérieur la planète plate est joyeuse, illimitée et perpétuellement vivante. Elle est dans la perpétuation des modifications. C’est-à-dire dans la connaissance de sa langue et de sa géologie en tant que celles-ci la transforment et tout en la transformant la font être son propre devenir planète, planète plate ou planète-planète. Vue de l’intérieur c’est une succession d’événements lents et paradoxaux et continus qui a lieu. C’est saisissant la vie brute et évidente vue de l’intérieur. La vie de l’être de la planète vue de l’intérieur.

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Ce ne sont que paysages. Derrière toutes ses atmosphères la planète ne serait que paysages. Bien sûr, paysages de l’âme de la planète comme paysages à l’intérieur même de l’idée de la planète et de l’être de la planète. Paysages atomiques qui s’éloignent tant les distances sur la planète plate sont sans mesure. Il y a des paysages. Il y a des horizons. Il y a aussi des horizons de paysages. Toujours des multiplications de paysages, d’horizons, de visages de la planète, de rêves rêvés. La planète plate est elle-même sa propre multiplication d’horizons. La planète plate n’a d’autres horizons qu’elle-même. Si la planète plate connaît des multiplications d’horizons ce ne sont jamais des reproductions d’horizons. La multiplicité et la permanence des horizons. Des horizons, c’est-à-dire l’unicité de chaque horizon comprise dans l’idée même de la planète. A l’intérieur de l’horizon un autre horizon unique et une distance qui connaît des raccourcis pour une plus grande élasticité. La planète plate se visite elle-même. C’est un long et lent voyage sans fin possible. La planète est plate et dans cette multitude d’horizons qui se suivent les uns les autres elle est l’invention d’un infini élastique.

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À suivre…

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