« Planète plate », 2

par Fabrice Caravaca. Lisez ici le premier épisode.

On ne se couche pas sur la planète. Moins encore sur la planète-planète. La planète plate n’est pas une mère. La planète plate n’est pas un père. La planète plate n’est pas un discours. N’est pas un mot à l’intérieur d’un discours. La planète plate est une planète-planète dans les multiplications d’histoires de la planète-planète. C’est-à-dire une mathématique. Et des formules qui s’absolvent de la formule. En tous les cas des formules déjà en dehors de la mathématique et qui font la proposition très belle et aléatoire des mathématiques. Comme s’il demeurait du pluriel dans la planète quand elle existe au-delà du mot et des territoires. Parce que la planète, et encore plus lorsqu’elle est planète-planète, n’est pas un espace. Ou surtout pas un espace vivable. La planète plate est autre chose. Toujours autre chose. Quelque chose qui n’est pas un mot. Qui n’est pas un père. Qui n’est pas une mère. Et la planète n’a ni père ni mère ni limite territoriale ni chose à définir qui serait soi. Qui serait père ou mère. Et qui serait mère ou père. La planète plate vit au milieu des planètes. La planète plate est toujours à la fois elle-même et autre chose.




A quoi ressemblerait la planète plate ? La planète se trouve être aussi une idée éloignée. A-t-on vu la planète plate ? Est-il possible de marcher sur la planète plate ? La planète plate serait une chose. Ou l’idée éloignée d’une chose qui ressemblerait à une planète avec cette particularité d’être une chose plate. Serait-ce à dire que la planète n’a pas de relief ? Une planète sans montagne, sans colline. Une planète à perte de vue : une planète plate. Un seul plan horizontal. C’est-à-dire une planète plate sans aucune verticalité. Une planète plate serait-ce aussi une planète de peu d’épaisseur ? Une fine galette. Une fine couche de matière. Comme le degré ultime de ce que matière peu constituer. Comme une couche de poussière ou plutôt deux couches de poussière qui se rencontreraient et voudraient s ‘agglomérer. Qui ainsi en s’épousant permettraient à de petites choses, des choses menues de laisser une trace sur le tapis de poussière. La planète plate est un fin tapis. La planète est aussi un nid pour les petites choses. Mais difficile de savoir le poids de la planète plate. Si elle est fine, ses dimensions surprennent parce qu’insaisissables. La planète plate est un espace sans fin. C’est en cela aussi qu’elle est planète-planète.




L’ivresse de grands espaces réels et imaginés au sein de la planète. Espaces particuliers jouant avec leurs propres limites et leurs propres descriptions. Et s’étonnant de leurs proximités interdites. S’étonnant aussi des éloignements et des constructions d’éloignement alors qu’il y a entre chaque espace et parmi les espaces de grandes distances abolies ou de belles distances élastiques. Des distances qui s’enroulent entre elles. Qui se lovent et s’accouplent et se mélangent vraiment. Des distances qui échangent leur distance respective pour mieux saisir l’étonnement des espaces. Des distances sans mesure possible qui séparent et unissent en un même temps tous les espaces particuliers de la grande planète plate. Tellement grande qu’on la dirait infinie ou une proposition de l’infini. C’était si petit avant. C’était vraiment minuscule. Comme si avant la compréhension de la planète plate, la planète était insuffisante. Vide pour tout dire tant la place semblait manquer. A présent que la planète est une planète plate, elle peut prendre possession de ses espaces. Elle peut se reconnaître dans la description de tous ses espaces particuliers. Elle les rapproche les faisant s’entrechoquer et redécoupant des territoires à l’intérieur des espaces et cela à l’infini.




Réalités des planètes. La planète plate dans ses formes variées de réalité. La planète réelle et réellement transformée. C’est-à-dire que la planète se transforme elle-même. Elle est autonome dans ses transformations. Et de plate la planète devient mince. Une planète mince. La planète plate est une planète mince. La planète plate est aussi une planète souterraine. Une planète plate et mince et souterraine. Et paradoxalement elle en devient une planète saillante. Et parce que saillante elle est aussi dansante. Une planète plate et mince et souterraine et saillante et dansante. Elle est planète en elle, à l’intérieur d’elle-même et elle se renvoie son image tant et tant que c’est déjà l’invention du relief. De quelque chose qui ressemblerait à des reliefs. Quelque chose qui serait précisément saillant. La planète plate serait tout cela à la fois mais jamais dans un même temps. Il y aurait des temporalités pour chacune des qualités de la planète plate. Il y aurait de bons moments pour être mince voire infra-mince. Des moments pour être souterraine. D’autres pour être saillante ou bien dansante. C’est-à-dire que la planète plate prend son temps. C’est bien là sa plus grande qualité. Avec le fait d’être une planète réelle plusieurs fois et d’être plate avant toute chose.




La planète et les planètes dans les ciels d’étoiles disparues. Étoiles mortes comme la planète est plate. Comme aussi la planète plate danse autour des planètes mortes. La planète danse la danse des planètes. Les planètes ensemble sont leur propre tourbillon et inventent l’origine d’un trou noir premier. Avec les planètes mortes et la danse des planètes des baisers fraternels explosent. Quand elles dansent les planètes se cognent avec passion aux planètes mortes. C’est un exercice physique de questionnement de la matière. C’est aussi la résurrection de la matière par la matière. La danse des planètes vivantes et des planètes mortes. L’invention continue de collisions et de collusions. La planète danse. La planète plate danse. Toutes les planètes dansent. Les planètes mortes aussi. La danse des planètes est une danse permanente et c’est aussi une course. C’est-à-dire une révolution. Une révolution à durée variable et souvent changeante. Cela varie et cela change selon le rythme des chocs et des collisions. Selon le rythme des résurrections de la matière même de la planète. Ce sont des congrégations de planètes au-delà des ciels visibles. Des réunions de planètes. Des cérémonies de planètes par les planètes. Le grand bal des planètes.

À suivre…

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