Images

par Bert Meyers
Traduit de l’anglais (USA) par Pierre Vinclair

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for Odette / pour Odette

I

Bales of hay—cartons
of sunlight fading in a field.

I

Balles de foin — paquets
de soleil pâlissant dans un champ.

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II

Shadows rise like water,
white fences comb their hair.

II

Les ombres montent comme l’eau,
les palissades blanches peignent leurs cheveux.

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III

Leaves everywhere—
shreds of a giant eraser;
an oak leaf,
becoming an antique.

III

Partout des feuilles —
pelures d’une gomme géante ;
une feuille de chêne,
se muant en antiquité.

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IV

Outside, a snowfall’s passed
and painted all the windowsills,
even the curb’s gray putty.

IV

Dehors, une bourrasque de neige
a peint tous les rebords de fenêtres,
même le mastic gris du trottoir.

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V

Sunlight in a window—
flower in a glass.

V

Le soleil à travers la vitre —
fleur dans un verre.

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VI

The highway’s an old
surrealist’s granite hair;
and the sea’s become
a sky full of clouds.
A wind records the waves,
then plays them in the trees.

VI

L’autoroute est la chevelure
en granit, d’un vieux surréaliste ;
et la mer s’est transformée
en ciel plein de nuages.
Un vent enregistre les vagues,
puis part les jouer dans les arbres.

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VII

A flock of crows
dissolves in the mist—
cigarette’s ash
in a glass of water;
and sunlight
twitching in a puddle.

VII

Une volée de corbeaux
se dissout dans la brume —
cendre de cigarette
dans un verre d’eau ;
et le soleil
tremblotant dans une flaque.

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VIII

Now the night drives up.
Distant buildings
are golden radiators,
the sky’s a black cloud
full of sparks…
__________________Sirens, dogs;
and he just stood there,
by the police car,
with those handcuffs on,
staring at the moon.

VIII

Maintenant, la nuit grimpe.
Au loin les bâtiments
sont des radiateurs dorés,
le ciel est un nuage noir
plein d’étincelles…
_____________________Sirènes, chiens ;
et il se tenait juste là,
à côté du fourgon,
avec ces menottes,
il fixait la lune.

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IX

After the rain
a streetlight hangs
the shadow of trees
like laundry
on a wall.

IX

Après la pluie
un lampadaire suspend
l’ombre des arbres
comme du linge propre
sur un mur.

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X

Hands, twin sisters
to whom everyone’s
a wrinkle
that needs to be smoothed,
a stranger who should be fed.

Hands, those humble wings
that make each day
fly toward its goal;
at rest, still holding
the shape of a tool.

X

Mains, sœurs jumelles
pour qui tout un chacun
est une ride
qui a besoin d’être lissée,
un étranger qu’il faut nourrir.

Mains, ces ailes humbles
qui font voler
chaque jour vers son but ;
au repos, elles prennent encore
la forme d’un outil.

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XI

Proletarian aristocrat
whose forehead glows
like imagination’s egg;
when you’re asleep
you look like
the death mask of Keats,
alone with yourself
again—absolute, relieved.

XI

Aristocrate prolétaire
dont le front brille
comme l’œuf de l’imagination,
quand tu dors
tu ressembles
au masque mortuaire de Keats,
tout seul avec toi-même
de nouveau – absolu, soulagé.

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XII

I wish we were two birds
living in a courtyard
near St.-Germain-Des-Pres.
Leaves spread their tablecloths,
trees open their cafes;
all day the sun’s a barrel of beer,
at night the earth’s a woman,
the full moon’s her mirror.

XII

J’aurais aimé que nous soyons
deux oiseaux vivant au fond d’une cour
près de Saint-Germain-des-Prés.
Les feuilles étendent leurs nappes,
les arbres ouvrent leurs terrasses ;
du lever au coucher le soleil est un tonneau de bière,
la nuit la terre est une femme,
la pleine lune est son miroir.

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