L’entremoi

par Romain Candusso

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Je est un autre semblable, je
le sens poindre sans voir, point à l’intérieur que je sens voir
sans voir sa vue ni savoir sa vision, je
le sens me toucher entre ce que je ressens, le sens voir
par mes yeux, réagir au contact
de mes sens,
ressentir dans leur tact une touche différente, le sens non,
me sens touché le sens trancher en moi une ouverture
où se penchent les sens sans sentir jusqu’au fond de l’amorphe, sans saisir
ce qui les percute limitrophe, le sens agir
au contact des sens et semblable dissident dé-
placer les sensations, à l’oblique des gestes,
je ne mange plus pareil ce qui me ronge
ne me ronge plus pareil, lance ses piques dans un vide,
je contre je sens vide, sens ce vide où ce qui,
où ce qu’éclairait le visage se fige, où les rapides que le cœur dévalait à tout va se rompent,
le corps conducteur perdu, ses mouvements
à la tombée du corps calleux,
les terminaisons anesthésiées perdent leur esthète,
montées à la tête de sensations vrillées depuis un non-lieu du corps
magnétique, depuis où, depuis quand ces gestes infimement inclinés
que les sens travaillent, à laisser saillir une raison qu’ils se font, qu’ils tirent du mystère et de l’obscur perçant,
d’un geste de la pensée s’oriente dans l’hétéronomie de l’organique,
insus les conflits remontent, remettent à l’heure leur hétérodoxie et l’expose,
le corps est terre minée et la raison saute, cette ouverture en moi devenu froid, devenu ouverture sensible d’un froid,
l’indirection sentie sur les cendres, conscience essayée, conscience essuyée,
expérimentation annulée d’une expérience, l’ouverture
d’une autre raison vivre un autre mystère ôte le connu du corps, le reconnu,
déboutonnement étranger dans la viande, déploiement nouveau où girer de la tête
à la tombée du corps, accroché la scission, la fission m’éprouvent et m’entraînent,
entremoi traversé d’avenir, qui sans terme se dissous, inclinant infime et sans forme s’empare
de la tête et des yeux pendant qu’anonyme on m’encorps, se fait une raison à même l’affleurement fantomatique des sensations,
direction sans destinée, sans destination, progression d’une circonvolution, où les chutes tombent dans le corps tenant debout,
encore fiché dans le ciel et s’y enfonçant d’un désir sans retour.

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