Des ares pour la joie

Par Julien Boutonnier

(Ces deux fragments sont extraits d’un ensemble plus long)

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_______________, à la vitre les feuilles ont l’air d’un ennui vrai, avant même que ta phrase jonche alentour, un visage constelle ma part, un silence a lieu, lent seuil du soir parmi les récits, le bougé des robes après les jeux, depuis la boue le rêve n’a plus cessé de construire autour, les nuques pales prennent le jour, et devant pas un regard pour témoigner, le vent aux abois dresse une clôture, je disperse, dans la friche à l’ordinaire, une clavicule, un idiome, le vent porte le fruit dans sa vacance, le fond n’a pas de nom, une eau après l’autre qui s’appelle on ne sait, le sang fait les frais, c’est le son des billes dans le couloir, longer l’arbitraire, donner son ventre à la battue, l’appel d’une ligne inconnaissable, quelque chose de débarrassé, le lieu traverse les pores, les affluents se jettent, un vent pense à la mort, ma peau le dit, une plaie accourt vers le début, peu suffit dès lors qu’aux artères la fuite est versée, c’est ouvert, le chemin parsemé à l’envers de l’eau, un diapason vibre vers ce regard, c’est noir, rien ne comble le peu déporté de phrase en phrase, c’est dans le plexus que la mort prend la parole, il reste des ares pour la joie, il reste des hautes herbes venues de loin, un sang qu’on froisse et qu’on essore, peu de marbre à nouveau, les dates s’amoncellent, un détroit fait le mort, où vont les jours et mon orgasme, la certitude me pétrit depuis la mort, la crampe d’un matin allongé dans l’impasse, une contraction des muscles, une coïncidence, à peine la vie qui s’épanche dans l’aorte, l’enseveli chante à chaque tranchée révélée, la mort à l’œuvre dans l’ajour, tu cherches ne sais quoi, à l’odeur de cuivre, des gestes encombrés d’avenir, l’enjeu d’une attirance pour la venue, c’est à deux pas des précipices, au fondement des élans, j’y reviendrai avec la voix dans la main, tendue vers l’essor des herbes folles, j’avance encore dans ma retenue, sur les berges de ce qui passe, des corps avec la mort en guise de ventre, nulle génération pour que cesse un sémaphore, un ravin défait mes yeux, le soleil dans l’exténuation, ma parole gisante à même nos sueurs, les oiseaux peut-être, une tournure de phrase, c’est manger la voix qui se dépose au matin, les mains mortes de chagrin, sous les ombres devenues mères, les herbes ont jauni parmi les phrases laissées-là, dans la trachée du soir, des émotions précèdent le moindre caillou, la même ferveur à l’issue, une tension n’a pas d’aveu où s’amoindrir, c’est ouvert sur les éboulis qu’entre nous creuse un versant, notre jour jeté au plus près des dates et des noms, dans la main d’un avenir voué à ta mort, comme source qu’une errance lance dans le si peu sûr, des voix, des joues, des feuilles traversent ce qui est évoqué, dans l’entrebâillement d’une phrase, les yeux amoindris par l’une ou l’autre lumière, montrent un iris à marée basse, une étendue jambes ouvertes, le jour a posé sa main de fatigue, et le delta se perd en lui-même,

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_______________, je ne sais pas comment me tenir devant la fenêtre, ce matin traîne dans la nuit, il fait des rondes et longe un mur, je me penche sur un talus, un endroit de la pente en général, je tends la main vers un meuble, un assemblage de circonstances mis au travail par les générations, une fin en soi, ton visage reste cette image d’une immensité devenue adresse, je ne me détourne pas quand vient la voix sur les massifs, un dialogue depuis long dévasté, ce qui s’épuise à travers la voix, une friche environ, tout proche du muscle, dans ton œil jonche une masse de temps, au loin la sirène des oiseaux rectifie un silence de l’automne, mes pas vont dans le sens, l’avènement d’un mot circonscrit à la joie, un membre isolé dans le manque, dans le torse une rumeur, des grands ensembles par où s’emboîtent des phrases et des corps, je prends un chemin après que la ponctuation a semé le doute, dans la tombée quelque chose a parlé, ce fut un détour par l’impasse, une dérision face à la venue du fond, un récipient à l’usage des réminiscences, je sens la langue, elle use un regard et chaque pierre, un visage n’a pas d’envoi, une mesure coïncide, la main pense à ce qui meurt, des voix fabriquent une trame au loin, un corps s’est penché sur une chose voulue, les fonds ont une peau qu’on écrit avec la voix, une tragédie que mon nom charrie, une certitude qui saurait son fondement de sable, nos poumons savent l’impuissance de l’air, le cœur en pente, les semis qui piétinent les siècles, nos mains travaillent à la limite du souffle, la plaine est un port, ton corps a les formules d’usage, un chemin de peut-être une inscription, une recherche sans personne à la cause, mon corps fera de loin ce qui demeure à la fin des paroles, je plante une couleur dans la voix, un espace pour trouer la circulation du sang et des heures, j’ai pris du vent quelque chose qu’on ne peut pas dire, je l’aurai jusqu’au moindre geste, une voile fait le mort, le meurtre au fondement du sens, le reflet du gris sur les toits quand le jour a bâillé, les cailloux agencés sur un péril, la course à l’enfance a la mort pour musculature,

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