Le temps de l’écriture

par Sandra Moussempès

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Le temps de l’écriture (et sur l’expression « tourner la page »)

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Voici la petite fille cornée comme une page
Tu l’ouvres tu la déshabilles tu la prends avec toi
Tu lui donnes à manger avec une fourchette tu la tranches dans la longueur

Tu lui confies une page elle s’y étale et se replie avec la page
Tu l’écrases en refermant le livre
A priori elle n’est toujours pas morte elle se déplie avec les mots

La maison de phrases liquides est sa demeure principale
Un rayon lumineux s’attache davantage aux maisons/voix qu’au sujets invertébrés
Comme une anguille la petite fille perd un cri mais le récupère

C’est la poésie réduite en poudre noire puis retravaillée en pâte vivante avec
Un peu d’eau ; chaque pause dans un univers donné répand une odeur mystique
Qu’on retire sans pincette d’un temple au-dessus du temps

J’en ai pris conscience – je n’en ai pas pris conscience –
En plongeant mon cœur comme une fourchette dans une mémoire noire
En aspirant les traits des convives présents lors de la scène finale

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