Faire syntaxe de tout

Par Olivier Domerg

.

.

Redécouvrir, dans la belle lumière, l’unité et la netteté des choses. Consentir à la crête un « dos d’étalon », à partir de quoi étalonner les formes, et ce, jusqu’aux dispositions des tas de fumier, au premier plan.

Faire syntaxe de tout.

Retrouver le déroulé sensuel de la « forme fessue », plein pot et pleine peau, au croisement du Collet. Prendre le paysage au pied de la lettre. Accorder l’animalité de la phrase à la littéralité des formes.

D’un rien, créer un système d’échos. Mettre chaque chose (et à l’intérieur, chaque partie de la chose) en correspondance.

Faire syntaxe de tout.

Résoudre des équations dans l’équanimité (inimitable) du beau. Ne rien trouver à redire à l’apaisement qui vient. Aimer la lumière d’avril, et plus encore, celle de mai.

S’immerger dans le grand bain du visible.
Être comme une passion
Dans l’air. Agir en poète et, dans le même temps,
En non poète.
Épouser toute circonstance, le cul
Sur un cailloux.
Embrasser, autant que faire se peut, les lieux
À la ronde. Le cul
Sur un cailloux, harcelé d’envahissants insectes.
Le cul sur un cailloux,
À la lisière d’un champ — là où la vue
Bascule vers les Moutas
Et la vague forestière de La Rochette.

Faire syntaxe de tout.

Être libre d’écrire,
Quelques minutes ou quelques heures durant,
Ce qui se passe
___________–_____Ou ce qui passe par la tête,
Et, néanmoins,
Faire place à l’essentiel.

.

.

[ Prose, 5 – Du Refuge Napoléon ]
[ Tenir la note, 5 – Graffinel, 15 avril ]
[ Chant cinqFaire syntaxe de tout ]

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s