Le Sélé

Par Julien Starck

à Ailefroide

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La désorganisation d’une fleur quand elle s’ouvre
Le tintement de la part belle
Les élucubrations sur la mort
Le tapis du sol qui s’en va
Les épines par milliers qui s’envolent
La phosphorescence d’une fleur
Le son sauvage qui resplendit
Le poitrail qui s’ouvre jusqu’au cœur
Le cœur baigné d’eau dans le torrent
La flûte qui joue extraordinairement toute seule
L’épuisement de tout un cercle de connaissances
La page d’eau qui flambe
Le désert l’atome ses couvertures
Le soleil le soleil le soleil

La désorganisation d’une fleur quand elle s’ouvre
Et l’imposant repos
La distance nécessaire à l’appel
Le bloc au fond posé
Le silence imposé aux soleils
La récitation par cœur des mains
Le déshabillé des mains
Leur volonté radieuse
Leur légèreté tropicale

L’ouverture oblique du courant
De cœur
Le rocher d’inconnaissance
La faille ouverte par capitulation
Le son du monde
La spirale effacée de ses membres
Le bal dévorateur des lumières sourdes
La voix qu’a l’ossature du vent

La conscience accrochée aux branches
Flexible
La ramification des éléments
Les mouches de la pesanteur
Le blé des végétaux
L’or que s’échangent les oiseaux
L’élancement rond d’une famille de pins
Le drame atomique de toute fusion
La pensée des séries la sériation d’images
Les fausses routes de l’âge
Le solide bénéfice de l’esprit
L’amitié qui se conçoit dans l’air
Les tourbillons de l’air soulevé par les mains
Les gestes du papillon
Le vase de patience impossible à modeler
Son poids de terre
Son écorce de fusée
Le front des éléments
Le foin épineux des choses
La chasse-gardée de la rutilance
L’oubli des plaines

La désorganisation d’une fleur quand elle s’ouvre
Son ciel difficile
La pente véhémente de son courant
La nébuleuse de ses caprices
La passion sévère le sérieux amour
Le rire épisodique du mouvement
La métonymie

Les sources d’eau chaude dans les buissons le bouillonnement d’insectes
La stridence et la danse
La corpulence des surfaces
La profondeur de voile des apparences
La respiration à demeure

Le ciel bleu
La forêt de sapins

L’empressement des formes à se révéler
A montrer leur action transparente
A hausser le ton à vernir leur image
Le vide creuse la lumière entre les formes
L’ombre est une loge extrêmement déterminée
Particulièrement nourricière
Infiniment distinguée

Les sapins vibrent
L’apesanteur de leur détermination
Les rend aptes
A l’aveuglante lumière de leur sève

L’exténuation du torrent
La fraîcheur du courant
L’envol des oiseaux le soir
La matière craque sous l’effet de miroir
Les ombres bougent
Les géants corporels de la veille

La désorganisation d’une fleur quand elle s’ouvre
Voit les ombres
Fleurir

.

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[Illustration : Lucas Cranach, La Fontaine de Jouvence]

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