Sexton, une suicidée de la société ?

par Guillaume Condello

A still—Volcano—Life—
That flickered in the night—
Emily Dickinson

L’histoire d’Anne Sexton est d’abord l’histoire d’une explosion.
On pourra s’en convaincre et en ressentir le souffle en ouvrant Tu vis ou tu meurs. Œuvres poétiques (1960-1969), publié par Les éditions des femmes-Antoinette Fouque dans la traduction de Sabine Huynh.

***

Jusqu’à l’âge de 28 ans, mon être profond était comme enseveli, et je ne savais pas que je pouvais faire autre chose que de la sauce blanche et mettre des couches à des bébés. Je ne pensais pas avoir les moindres ressources créatives. J’étais victime du rêve américain, du rêve petit-bourgeois de la classe moyenne. Tout ce que je voulais, c’était une petite parcelle de vie, être mariée, avoir des enfants. Je pensais que mes cauchemars, mes visions, mes démons allaient tous disparaître s’il y avait assez d’amour pour les chasser. Je faisais tout mon possible pour mener une vie normale, car c’était ainsi que j’avais été élevée, et c’était ce que mon mari attendait de moi. (Anne Sexton, in No Evil Star. Selected Essays, Interviews and Prose, cité in Tu vis ou tu meurs, p. 15. Trad. Patricia Godi)

De cette vie normale, on peut à bon droit dire que c’est elle qui est anormale, qu’elle laisse couver sous la surface un feu qu’il sera difficile de retenir : ces visions dont parle Sexton, et qui ne sont pas (uniquement ? absolument ?) les symptômes d’une pathologie mentale. J’y reviendrai. Pour l’instant, il est évidemment question en l’occurrence de ce qu’une société, à un temps donné de son histoire, décide de nommer pathologie.

En 1863 déjà, Dickinson :

Much Madness is divinest Sense
To a discerning Eye –
Much Sense – the starkest Madness –
‘Tis the Majority
In this all, prevail –
Assent – and you are sane –
Demur – you’re straightway dangerous –
And handled with a Chain

Dans la traduction Delphy (Emily Dickinson. Poésies complètes, Flammarion, 2020, poème n°620, p. 578) :

Une Folie totale est divine Santé mentale –
Pour un Œil averti –
Une Santé mentale totale –Folie furieuse –
C’est la Majorité
Qui prévaut, ici, comme ailleurs –
Acquiescez – et vous êtes sain –
Objectez – vous êtes immédiatement dangereux –
Et Fou à lier

Sexton objecte, elle ne consent plus au rêve moyen. Dangereuse ? Les années soixante sont aussi celles des contestations, mouvements féministes, mouvement des droits civiques, etc. Les coutures de la société sont en train de craquer. Et pour Sexton, c’est le début de sa véritable santé, elle ne s’y trompe pas, qui se construit sur les cendres des rêves que la société lui avait entés en tête.

Au début de ma dépression, lorsque je suis devenue une déplacée, je pensais être la seule dans mon cas ; mais quand je suis allée à l’asile psychiatrique, je me suis rendu compte qu’il n’en était rien, qu’il y avait d’autres personnes comme moi. Cela m’a rassurée, je me suis sentie davantage dans la réalité, plus saine d’esprit. Je me suis dit : « C’est mon monde » (Anne Sexton, ibid., cité in Tu vis ou tu meurs, p. 17. Trad. Patricia Godi)

Les Etats-Unis vont mal – moment de crise, où le corps doit mourir, ou bien sortir de sa longue maladie. Du moins, on peut dire que telle est la conscience qu’en ont toutes celles et ceux qui ne peuvent plus se satisfaire de ce rêve prémâché dans lequel Sexton avait appris à se couler. Elle ne saura s’en sortir, littéralement, qu’en renaissant dans la douleur et la folie.

Ginsberg, en 1956 (Howl) :

J’ai vu les plus grands esprits de ma génération détruits par la folie, affamés hystériques nus,
se trainant à l’aube dans les rues nègres à la recherche d’une furieuse piqûre,
initiés à la tête d’ange brûlant pour la liaison céleste ancienne avec la dynamo étoilée dans la mécanique nocturne,…
(traduction Robert Cordier et Jean-Jacques Lebel)

“Les plus grands esprits” = “Best minds”. L’anglais n’attribue pas de genre au mot ici. Mais il est un fait que cette libération, ce cri d’une génération, malgré les progrès faits à ce moment-là, c’est encore souvent un cri masculin. Robert Lowell est le « père » du confessionnalisme – Sexton et Plath en sont les deux représentantes les plus connues, pas les premières. Ou bien est-ce une reconstruction ? Patricia Godi, dans sa préface, suggère que Lowell, fortement impressionné par l’écriture de Sexton, y aurait trouvé la matière et l’inspiration qui lui aurait permis de donner ce tour neuf à sa propre écriture, et de sortir des ornières d’un formalisme flamboyant mais éteint, et lui insuffler une nouvelle vie, par le recours au matériau biographique.

***

Artaud (Van Gogh, le suicidé de la société) :

Ça va mal parce que la conscience malade a un intérêt capital à cette heure à ne pas sortir de sa maladie.
C’est ainsi qu’une société tarée a inventé la psychiatrie pour se défendre des investigations de certaines lucidités supérieures dont les facultés de divination la gênaient.

Là où Artaud rejette en bloc l’institution psychiatrique, Anne Sexton ne craint pas d’instaurer un dialogue sans concessions. « A dit la poétesse à son analyste » (in Retour partiel de l’asile, Tu vis ou tu meurs, p. 72) :

Mon affaire, ce sont les mots. Les mots sont comme des étiquettes,
ou des pièces de monnaie, ou mieux, un essai d’abeilles.
j’avoue que seules les sources des choses arrivent à me briser.
comme si les mots étaient comptés telles des abeilles mortes dans le grenier,
détachées de leurs yeux jaunes et de leurs ailes sèches.
Je dois toujours oublier comment un mot est capable d’en choisir
un autre, d’en façonner un autre, jusqu’à ce que j’aie
quelque chose que j’aurais pu dire…
mais sans l’avoir fait.

Votre affaire, c’est de surveiller mes mots. Mais moi
je n’admets rien. Je travaille avec ce que j’ai de mieux, par exemple,
quand je parviens à écrire l’éloge d’une machine à sous,
cette nuit-là dans le Nevada : en racontant comment le jackpot magique
est arrivé alors que trois cloches claquetaient sur l’écran de la chance.
Mais si vous disiez de cette chose qu’elle n’existe pas,
alors je perdrais mes moyens, en me rappelant la drôle de sensation
dans mes mains, encombrées par tout
l’argent de la crédulité.

***

Sexton une suicidée de la société ? Le délire réside ici non dans la parole des fous et des folles, mais dans le rôle étriqué qu’on accorde aux femmes et à l’étouffement de la personnalité qu’il implique. Artaud (ibid.) :

Et où est dans ce délire la place du moi humain ?
Van Gogh chercha le sien pendant toute sa vie, avec une énergie et une détermination étranges,
et il ne s’est pas suicidé dans un coup de folie, dans la transe de n’y pas parvenir,
mais au contraire il venait d’y parvenir et de découvrir ce qu’il était et qui il était, lorsque la conscience générale de la société, pour le punir de s’être arraché à elle,
le suicida.

Sexton part à la reconquête de son moi. Plus exactement : elle doit l’inventer. Elle n’a jusqu’à présent été qu’une femme, une épouse, une mère – dans la compréhension que la société donnait de ces mots. Ses poèmes, autobiographiques, sont le récit des convulsions d’un moi tentant de se déprendre de ce que la société tente de lui imposer, de la manière dont le monde va. Autrement dit : elle va devoir redonner un sens à ces mots : mère, épouse, amante, femme, etc. Cela passe par une sorte d’auto-auscultation. Le regard du psychanalyste devra être remplacé par celui de la poétesse sur elle-même. Sexton, Tu vis ou tu meurs (p207) :

NOTE DE L’AUTRICE

Tout d’abord, j’ai placé ces poèmes (1962-1966) dans l’ordre dans lequel ils ont été écrits, et je m’excuse du fait qu’ils donnent l’impression d’être la feuille de température d’une mélancolique grave. Toutefois, j’ai pensé que l’ordre de leur création pouvait présenter un intérêt pour les lecteurs, et, comme l’a écrit André Gide dans son journal, « Malgré toute résolution d’optimisme, la tristesse, par instants, l’emporte : l’homme a décidément par trop saboté la planète »

***

On a reproché à la poésie de Sexton son caractère trop autobiographique, trop naïf en un sens. Parler de sa vie, de sujets non-poétiques, littéralement ignobles. Considérations domestiques et féminines sans intérêt, menstruations, masturbation, vie de famille.
Sexton – citant Artaud en exergue du poème « Lettre d’adieu » (Tu vis ou tu meurs) :

Il me parle de Narcissisme, je lui rétorque qu’il s’agit de ma vie.

***

« ma vie » : pas seulement la sienne. On a pu montrer d’ailleurs que ses poèmes n’étaient pas aussi autobiographiques qu’ils en ont l’air. La récurrence des images mythologiques, des archétypes fait du vécu personnel autre chose que la recension de ses états d’âme. A travers sa vie, Sexton explore la vie de sa culture, et ses malaises.
Et quelle est cette vie que l’on ne veut pas voir, cette « insupportable vérité » que la poétesse montre – et celle à laquelle elle ne veut plus consentir ? Elle se renferme entre les murs de « La Maison » (in Tous mes chers petits, p171), une maison dont le poème présente tous les protagonistes, comme si cette maison était la scène où les rôles sont fixés une fois pour toutes, sans échappatoire possible – pour la fille de la famille notamment, sinon la mort ?

A trente cinq ans
elle rêvera qu’elle est morte
(p. 174)

Une maison comme une sorte de mécanique sociale parfaitement huilée, broyant les vies dépassant le cadre (p. 175) :

Toute la journée durant, la machine attend : chambres, escaliers, tapis, meubles, gens
– ces gens debout devant les fenêtres ouvertes, comme des objets
sur le point de basculer.

***

Le suicide, une issue ? – la seule ? « La mort de Sylvia » (p. 255), long poème adressé à l’amie et poétesse récemment décédée, réunit déjà les deux femmes dans une même condition de suicidées. Ce magnifique poème pose dans toute son ampleur l’énigme de vivre. Comment être femme, poétesse, amante, et tous ces rôles que l’on endosse nécessairement, dans les singularités de la vie ? Comment vivre ?

Ô Sylvia, je me souviens du batteur endormi
qui scandait sa vieille histoire sur nos yeux,

combien nous voulions qu’il vienne,
ce sadique, cet efféminé new-yorkais,

faire son travail
nécessaire, une fenêtre ou une piaule,

et depuis ce temps-là il attendait
sous notre cœur, notre placard

et je vois maintenant que nous l’avons rangé
année après année, vieilles suicidées

et je sais en apprenant ta mort,
quel goût terrible elle a, un goût de sel.

***

Sexton donne à entendre en poésie la voix d’une femme. Dans sa position singulière, dans les anecdotes singulières qu’elle rapporte, elle redéfinit ce que cela signifie d’être une femme, une mère, etc. En même temps que les mots, elle redéfinit les formes de vie dans lesquelles se couler. Et lorsque sa fille se fait soigner par son père, c’est la condition féminine de ce temps que Sexton montre, et peut-être encore au-delà, la condition humaine telle qu’elle peut être vécue par les femmes, à ce moment-là de l’histoire (Ibid., p 310) :

Elle mord dans une serviette en retenant sa respiration,
rentrant le ventre et s’arquant contre la douleur,
ses yeux glissant sur moi
debout sur le seuil, mon regard rivé au plafond, le regard d’une étrangère,
puis elle crie…
Oh mon Dieu, aidez-moi !
Alors qu’une enfant aurait crié Maman !
Alors qu’une enfant aurait cru en Maman !
Elle a mordu la serviette en appelant Dieu
et j’ai vu sa vie se dérouler sous ses yeux…
Je l’ai vue déchirée pendant l’accouchement,
et je l’ai vue, à cet instant,
dans sa propre mort et j’ai su
qu’elle savait.

***

La voix du poème, c’est une voix qui donne à voir la courbure du monde depuis la position d’où cette voix se construit. Et pour une femme, alors, c’est en premier lieu peut-être récupérer le corps, ce corps soumis au pouvoir médical, aux normes morales aussi bien qu’hygiéniques – peut-on réellement les distinguer – dont on a été dépossédée. Lui parler, sans doute, est indispensable (p334).

Pour fêter ma matrice
Chaque être en moi est un oiseau.
Je bats toutes mes ailes.
Ils voulaient te retrancher de moi
mais ils ne le feront pas.
Ils disaient que tu étais infiniment vide
mais tu ne l’es pas.
Ils disaient que tu étais si malade que tu agonisais
mais ils avaient tort.
Tu chantes comme une écolière.
Tu n’es pas déchirée.

Poids délicieux,
pour fêter la femme que je suis
et l’âme de la femme que je suis
et la créature au centre et son plaisir
je chante pour toi. J’ose vivre.
Salut, esprit. Salut calice.
Attache, abrite. Un abri qui contient bien.
Salut à la terre des champs.
Bienvenue, racines.

***

Sexton est une mère. Mais elle aura du mal à jouer ce rôle tel qu’il a été écrit par les conventions sociales. Alors comment faire ? C’est par et dans le poème que Sexton trouve des réponses à l’énigme de vivre, et de vivre comme mère autant que comme poétesse.

Fille inconnue à la maternité
Mon enfant, le courant de ton souffle est âgé de six jours.
[…]
Voilà, c’est tout. Il n’y a rien de plus
que je puisse dire ou égarer.
D’autres se sont déjà arrangés avec la vie
et n’ont pu parler. Je me fige pour résister
à tes yeux de hibou, ma visiteuse fragile.
Je touche tes joues, telles des fleurs. Ta peau meurtrie
contre la mienne. Nous désapprenons. Je suis une rive
qui te berce loin de moi. Tu te détaches. Je choisis
ta seule voie, mon petit rejeton,
et je te lâche ; tremblants sont les êtres que nous perdons.
Va, mon enfant, mon péché et rien de plus.

C’était en 1960. En mars 1965 encore, Sexton cherche « Un petit hymne tout simple » pour sa fille Joy :

Je cherche des hymnes tout simples
mais l’amour n’en possède aucun.

Et elle semble avoir trouvé, dans une simplicité absolue. 19 mai 1965, « Ton visage dans le cou de la chienne », autre poème célébrant cette fois un autre de ses amours :

Certainement,
je n’ai pas besoin de parler de tout cela.
Je vais m’accroupir
et poser ma joue près de toi,
acceptant cette chienne stérilisée et ballonnée que tu étreins,
laissant mon visage rejoindre une tendresse collective
dans le cou de la vieille bête.

***

Sexton invente une voix capable à nouveau de chanter son propre désir, d’en inventer les formes tant dans la vie que dans le poème – poème qui peut même devenir presque didactique, à une époque où le désir et le plaisir des femmes n’est guère étudié et reconnu ; et l’impératif ici résonne autant comme une forme invocatoire, que comme une prise de position où une femme enseigne à un homme comment s’y prendre. « Le sein » (p. 324) :

Maintenant je suis ta mère, ta fille,
ta chose toute neuve – un escargot, un nid.
Je suis en vie quand tes doigts le sont.

Je porte de la soie – qui couvre pour que l’on découvre –
car je veux que tu penses à la soie.
Mais je n’aime pas ce tissu. Il est trop austère.

Ainsi, dis-moi tout mais explore-moi comme un grimpeur,
car voici l’œil, le joyau,
voici l’excitation apprise par le téton.

En renversant une certaine tradition poétique, on peut dire le plaisir mutuel, et le masculin, de sujet chantant le corps féminin, devient objet d’un blason écrit par une femme. « Ce jour-là » (p331-332) :

C’était hier, ce jour-là
C’était le jour de ta langue,
ta langue sortant de tes lèvres
qui écartent, mi-bête, mi-oiseau,
piégées dans l’embrasure de ton cœur.
C’était le jour où j’ai obéi aux règles du roi,
passant par tes veines rouges et tes veines bleues,
mes mains le long de la colonne vertébrale,
descendant aussi vite que l’on descend une perche de feu,
des mains entre des jambes où tu affiches ton savoir intérieur,
où des mines de diamant sout enfouies et s’avancent pour enfouir,
sortant plus soudainement qu’une ville reconstruite.
Il est achevé en quelques secondes, ce monument.
Le sang coule sous la surface en érigeant une tour.

***

Luttant contre la tristesse qui l’envahissait à la perspective d’une vie de solitude, il sortit. Il gonfla sa poitrine puis retint sa respiration. « Pour l’amour du ciel, ne pleure pas, espèce d’idiot ! Tu vis ou tu meurs, mais ne gâche pas tout. »

Cet extrait d’un brouillon de Herzog a si profondément parlé à Sexton qu’elle en a tiré, en plus du titre, l’exergue du recueil Tu vis ou tu meurs (p. 205). Ne pas pleurer, ne pas se laisser détruire de son vivant. Inventer une forme de vie joyeuse, la faire exister et reconnaître, ailleurs qu’entre les murs d’un asile, dans la vie.

Ou mourir ? Sexton se suicide à 46 ans.

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Un commentaire sur “Sexton, une suicidée de la société ?

  1. Il faut se dire qu’entre la psychiatrie d’Antonin Artaud (années 1930-1940) et la psychiatrie d’Anne Sexton, il y a eu l’invention des neuroleptiques. À l’époque d’Artaud nul ne pouvait lui proposer un traitement digne de ce nom, aucune raison qu’il eût dit le moindre bien de la psychiatrie. Anne Sexton a pu recevoir des neuroleptiques, aussi imparfaits fussent-ils au XXe siècle, et encore maintenant envers certaines pathologies sévères doublées de l’esprit réfractaire de certains patients.
    Je découvre l’alternative « Tu vis ou tu meurs » avec une certaine insatisfaction teintée de déception. Selon Fernando Pessoa, « La littérature, comme toute forme d’art, est l’aveu que la vie ne suffit pas. » J’ai toujours pensé que la conciliation de la vie et la mort réside dans le terme « existence ». On traverse la vie en frôlant la mort, rien n’est définitivement atteint, mais on concilie toujours des contradictions qui ne sont ni toutes entières vie, ni toutes entières mort. L’existentialisme littéraire et philosophique a presque deux siècles, son point de départ, Sören Kierkegaard, se définissait lui aussi comme poète, du genre religieux. Le suicide, celui d’Anne Sexton, paraît insoutenable lorsqu’il est programmé par une alternative qui lance à la vie un défi impossible, celui de combler toute béance de mort. Lorsque le recours à la psychiatrie n’a pas permis d’éviter le suicide, la mort l’emporte, la fichue alternative est exhaussée, mais je connais des malades, des psychiatrisés, des poètes et des vivants qui ne supportent pas que de vivre ou mourir, mais d’exister, contre tout appel à en finir avec l’être, contre l’envahissement du néant.

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