La pédagogie noire (2/3)

Par Georges-Léonore. Lire le premier épisode

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CCXXXIV


Tu sens le miel le nard
Tu as peau de safran
Mon amour. Soir de mai
Les époux se rapprochent
Plus près encore elle a
Défait le haut de sa
Chemise, et lui caresse
Le coton de sa robe
Tendrement. Le silence
S’épaissit d’un sourire
Et d’un souffle coupé
C’est le désir. Un geste.
Enfin les seins jaillissent
Pareils à deux colombes



CCXLIII


Oui. Un esprit damné
Âme vraiment perdue
En ses propres Enfers
Car l’homme est pour lui-même
Divins tribunaux et
Obscur pénitencier ;
Or dans son froid Tartare
Est la fée Innocence
Que les démons enchaînent
Vexent d’outils rouillés
Brûlent de gros cigares
La pauvre ; et auprès d’elle
L’enfant qu’il a été
Ce FAUVE, on le torture



CCXCVII


Antre d’oryctérope
Engoulants épouvan
Tables tournant dans l’air
Rare les lueurs strictes
S’engouffrent avec peine
Ici partout se ronge
L’angoisse des arts pauvres
Fouisseur sale bâfrant
Tel à faire peur au
Commun le chthonien po
Ète l’œil délirant
Sans gloire laisse aller
Au néant ses ressources
Au rêve ses années



CCCXXIII


Enfant j’allais jouer
Dans les forêts dans les
Manoirs en ruine les
Blockhaus abandonnés
J’aimais y chanter peindre
M’inventer des amies
Faire pipi aux coins
Des murs contre les arbres
Je caressais les chiens
Errants, j’observais tout
Arbres insectes fleurs
Clous rouillés des clôtures
Le sang sur mes genoux
Cette enfance fut belle



CCCXLVII


Fascinations morbides
Et je ne suis qu’un fauve
À qui l’on aurait a
Rraché les griffes. Je
Sur mes misères im
Puissamment pleure et pleure
Et de ces larmes baigne
Clara face glorieuse
Madone, épouse, con
Solatrice. Les mâ
Choires du matin dé
Collent dans le sang la
Perdrix fabuleuse : une
Aube ; – de quel espoir ?



CCCL


Tout le venin du cœur
Tout l’atroce venin
Je viens ici m’en traire
Livre de mouchoirs sales
Capharnaüm de râles
Cave où l’esprit malade
Cèle sa maladie
Lui donne corps de proie
Jette sa maladie
Contre sa maladie
Comme chien sur sa proie
Ici toiles violentes
À brûler leur châssis
Pulsionnel exutoire



CCCLXVI


Sauvage. Faim de feu
Ongles d’acier et longs
J’ai. Salive de sang
Mêlée, miel d’Anges durs
À brûler sur l’autel
Féroce. Pour fourrure
Ronces et râles. Pour
Repas : ombres et proies.
Je vais dents découvertes
M’égratignant. Je jouis
Et peine. La lumière
Et la douleur. Un fauve.
Ma vie est simple : j’a
Ttends la grâce. C’est tout.



CCCXCV


Je me retourne et vois
Comme après un péril
L’immense désert froid
Où j’ai longtemps erré.
Ces lieux nous ont gercé
L’âme. Nous portons leur
Souvenir en séquelles.
Quel vent dans l’âme et sur
Le visage ! – Quel soir.
De main tremblante je
Près du gouffre dépose
Un lé de velours noir
Commémorant ceci :
L’aride désert d’être



CD


Les Temps Troublés ah ah
Moi je les connais bien
C’est comme un grand hôtel
Qui tombe en ruine et on
Y a sa chambre. On la
Partage avec rats et
Blattes ; on ne possède
Qu’un vieux sac vide et un
Flacon de liqueur vide
C’est chance si la peste
Ne frappe à notre chambre
Et pour amis on a
Malfrats, putains. Seul reste
Raison de vivre Amour



CDXCVI


XV. Le Diable. Il a
Des yeux partout. Les a
Ttributs génitaux des
Deux sexes. Une torche
« Pour incendier le monde »
Deux mignons enchainés,
Des ailes. Qu’il est beau
Tirant tantriquement
Ses langues. Un sourire
Sorcier. Une puissance
Obscure – l’art, le sexe
Les profondeurs… Car il
N’est pas le mal : il est
FAUVE RÉCONCILIÉ


[Illustration : Pieter Brueghel l’Ancien, « Le Triomphe de la mort »]

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