Le Temps arrêté (3/3)

par Denise Riley. Traduit de l’anglais (UK) par Guillaume Condello.
Lire le premier épisode. Lire le deuxième.

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Seize mois après

En surface, « ça va », mon air de bonne humeur m’accompagnant partout, et recouvrant un cratère invisible dans mon crâne explosé, mais en réalité toutes mes pensées vont constamment vers la vie et la mort : la seule chose sur laquelle je puisse désormais me fixer avec attention.

Ça a l’air tellement ridicule de se dire que, finalement, je ne verrai plus jamais ce visage sur terre. Ce qui serait « naturel », ce serait de le voir réapparaitre, rayonnant mais un peu penaud d’être parti si longtemps. D’autres jeux de mots arrivent, tout aussi boiteux : tu as conçu cet enfant, mais tu n’arrives pas à concevoir qu’il soit mort.

Cette impression persistante que l’enfant mort continue de vivre, comme ton esprit laboure toujours les mêmes sillons cognitifs. C’est comme ces images où Donald Duck court dans le vide, après le rebord de la falaise, ses pattes palmées pédalant furieusement dans le vide – jusqu’à ce qu’il regarde en bas. Il ne plongera que lorsqu’il aura fait le lien entre les éléments qu’il n’a qu’entr’aperçus, ce sol, si loin en-dessous de lui, et la prise de conscience qu’il flotte au milieu du vide.

Ou peux-tu trouver des témoignages écrits de ce temps vécu sans consécution ? C’est rare. Voici pourtant un quatrain d’Emily Dickinson, qui va impitoyablement au cœur du sujet :

Je m’efforçai de joindre, la pensée de tout à l’heure
A celle de maintenant – 
Mais les Enchaînements déboulèrent hors de Portée –
Comme des Pelotes –
Sur un Parquet – [1]

“les Enchaînements déboulèrent hors de Portée”, en effet. Chaque notation n’appelle plus la suivante. Tu regardes l’eau tomber en cascade depuis le robinet, faisant des éclaboussures dans le lavabo. Et pourtant, remarquer ces petits événements et leurs effets ne ravive pas l’ancienne impression de se déplacer dans le temps. Le robinet s’ouvre, l’eau s’écoule. Tu peux observer la succession des choses. Et pourtant, rien dans cette observation n’arrive à te propulser vers l’avant, toi aussi, dans l’ancien monde des consécutions.

Non pas que ta perception du temps soit « déformée ». Ce qui a changé est plus radical que ça. Tu n’es plus, simplement, dans le temps. Ce n’est que depuis ce point de vue nouvellement retiré que tu peux comprendre combien la perception habituelle du temps comporte de limites, comment elle peut s’effondrer.

Dire à quelqu’un qui doit vivre avec un enfant mort : « Tu dois aller de l’avant » est doublement irréfléchi, parce qu’il n’y a plus de milieu dans lequel aller vers où que ce soit. On se laissait porter dans le temps, comme des créatures aquatiques qui avaient des branchies mais n’en avaient pas conscience, jusqu’à ce qu’elles soient pêchées et que, hors de leur élément, leur système respiratoire ne fonctionne plus.

Si « aller » doit à nouveau signifier quelque chose, ce ne pourra pas être en allant « de l’avant ». Ce sera en allant « avec ». Avec cet enfant que je porterai à nouveau en moi.

Ton ancien point de vue a été modifié – non pas par la mélancolie, mais parce que s’est fracassée la perception, sous-jacente à tout le reste, que tu te déplaçais dans le temps, perception dont tu ne pouvais prendre conscience avant qu’elle ne s’effondre. Si le temps, jadis, s’écoulait, vaste et long – rivière, route ou ruban – désormais la rivière est barrée, la route est bloquée, le ruban est tranché. Vieilles métaphores, réduites en morceaux.

Pour moi, il n’est pas mort.

Deux ans après

Tu vis sous le signe du provisoire. Avec un léger amusement, souvent, étant donné tes petits débats internes : est-ce qu’il faut ressortir cette robe couleur corail de son placard, comme si, l’été arrivant dans quelques mois, tu étais certaine d’être alors encore en vie pour la porter ? Oui – mais uniquement parce que tu apprécies le peps de cette couleur, aujourd’hui.

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Deux ans et demi après

Le temps arrêté : triomphe de la métaphore, ou du moins c’est ce qu’on pourrait penser de prime abord. Mais c’est peut-être plutôt un enchevêtrement d’émotions qui te glissent entre les doigts, dont tu ne peux rendre compte qu’au moyen de descriptions qui s’appliquent aux morts et aux vivants, sans distinction. Donc si cette incapacité à saisir le fait même de la mort est mon lot, il se pourrait bien que les morts eux-mêmes le partagent avec moi. Toutes ces croyances disant que ceux qui viennent de mourir soudainement ne réalisent pas qu’ils sont morts, et qu’il faut les apaiser, qu’il faut organiser des neuvaines en leur honneur, qu’il faut veiller leur corps toute la nuit, assis auprès d’eux – tout cela me semble désormais parfaitement logique ; ceux qui restent doivent garder un œil méfiant sur leurs morts, parce qu’on ne peut leur faire confiance, ils risquent de réapparaitre. Pourquoi ne seraient-ils pas choqués, et furieux, d’avoir été chassés hors de la vie ?

Les analogies se ramifient. Plongée dans une jungle luxuriante de « comme si », tu sens qu’ils prolifèrent de partout, fleurissant comme des liserons, prenant tout dans leurs nœuds, avant de monter en spirales, t’entrelaçant avec les morts, dans une expérience commune.

Cet état d’entrelacement, de combien de manières se manifeste-t-il. Tu partages déjà le « temps sans temporalité » de ton enfant mort. Comme si tu étais morte, ou comme si tu avais perdu la plus grande part de ta propre vie. Comme si une nouvelle absence de temps reposait dans tes veines. C’est le « comme si » qui englobe tous les autres. Et puis il y a le « comme si » du dire, quand la parole de ceux qui restent devient staccato. Le lendemain, au téléphone avec l’entrepreneur des pompes funèbres, bien qu’il le fallût, je n’ai pas réussi à faire sortir de ma bouche le mot « cendres » sans une lutte physiquement éprouvante. Ç’a été un bégaiement sec : « ssss-ceeenn-ceenddres ». Comme si je parlais avec de la sciure de bois dans la bouche. Ce n’était pas une répugnance consciente d’avoir à dire le mot, quelques heures seulement après l’avoir aperçu vivant pour la dernière fois. C’était quelque chose de corporel. Une coupure s’est creusée entre la pensée et son expression. Mes mâchoires devaient s’acharner sur le mot « cendres » comme celles d’un poisson agonisant. Ou peut-être pendaient-elles comme celles de J. une fois que la rigidité cadavérique s’est estompée ; mais cette analogie ne me vient que maintenant à l’esprit, plus de deux ans après. Juste après la mort, il a été impossible, physiquement, de mener à bien ma ferme intention de prononcer les mots nécessaires : « enlèvement des cendres » J’avais cru que les pensées étaient formées par la bouche, et qu’on les découvrait souvent qu’en s’exprimant. Maintenant, au contraire, à mon grand étonnement et à ma grande honte, ma bouche refusait carrément de prononcer les mots qui attendaient, clairement mais silencieusement exprimés, dans ma tête. Avant, je n’avais jamais cru que la parole n’était que la traduction externe de quelque chose qui était déjà formulé en pensée. Et là j’étais confrontée à la preuve que c’est parfois le cas, et que cette traduction peut échouer. Rien qui franchisse les lèvres. Mon cerveau pouvait calmement considérer le mot. Ma bouche ne pouvait pas. N’en sortait qu’un « cccc-ccceeennndd… » Comme si elle avait été elle-même remplie de cendres épaisses.

Peu importe le nom de ce transfert d’affects. C’est plutôt cette sorte de brouillage des limites corporelles qui se produit entre amants : on devient l’autre, on perçoit comme à travers sa peau.

Cet enchevêtrement avec ton enfant mort ne devient pourtant évident pour la pensée que rétrospectivement. Sur le coup, tu vis spontanément, et facilement, dans plusieurs états différents. Ou plusieurs vies. Car si l’absence de temps est le temps des morts, tu iras avec eux dans cette absence de temps. Là, tu peux vivre prosaïquement, et même avec joie. Tu ne fais plus qu’un avec les morts, comme si tu devais les animer. Ils t’attirent à eux, pendant que tu te les incorpores.

A l’abri dans ton buisson de « comme si » aux multiples embranchements, ce n’est pas seulement comme si les cendres de ton fils avaient obstrué ta bouche, mais comme si ton propre futur avait été guillotiné net ; comme si tu effaçais les traces corporelles de sa vie aussi facilement qu’elle a été balayée ; comme si dans le moment même où le flux du temps s’arrêtait, la perception ancienne de ton intériorité tombait en pure extériorité ; comme si telle était la sensation qu’il y a être avec nos morts, quand ils ne peuvent plus percevoir le temps, ni avoir une quelconque perception de leur intériorité ; comme si, sans vraiment y croire, tu pourrais rejoindre le mort lors de ton propre décès ; comme si vous habitiez tous les deux un aimable exil commun, au lieu d’être deux solitudes parallèles ; comme si, de même que tu avais porté cet enfant dans ton ventre, de même, tu portais sa mémoire vivante ; comme s’il fallait que tu meures pour perpétuer cette longue habitude d’attentions qu’on ne peut pas retirer immédiatement au mort. Comme si le soin qu’on lui porte ne voulait pas abandonner son affectueux travail.

Plus tard, la force de cette compagnie des morts me frappe. Je l’entends constamment chez les autres mères dont les enfants sont morts. Une telle empathie en imagination scelle ta perception d’un temps arrêté. Comme un de ces poursuivants obstinés des mythes classiques, tu as poursuivi ton mort jusque dans le monde souterrain, un pied dans chaque règne comme Orphée qui se retourne sur le seuil pour vérifier qu’Eurydice le suit toujours, alors qu’elle est presque revenue, en sûreté. Si cette sensation de temps arrêté est bien le temps que tu partages avec les morts, alors ton retour non-voulu dans le flux habituel du temps mondain signifie que, comme ce pauvre Orphée, tu reviens seule. La force de ce récit, ne serait-ce pas qu’il nous dit la possibilité de rester en compagnie de nos morts aussi longtemps que nous ne nous rendons pas compte qu’ils sont véritablement séparés de nous, prisonniers d’un autre règne ? Même si la féroce Déméter a réussi à arracher un bien meilleur accord : ramener sa fille du royaume obscur d’Hadès, tous les six mois. En garde alternée.

Ces écheveaux de « comme si » ne viennent pas sous forme de comparaisons mûrement réfléchie, mais en tant que sensations immédiates. En fait, l’expression « comme si » ne devrait guère s’employer ici, bien que tu sois contrainte de l’employer, rétrospectivement, pour exprimer cette impression et toutes ses dimensions superposées. Il se joue là quelque chose de plus intime qu’une simple analogie. Et pourtant c’est aussi très éloigné de toute « identité » immédiate. Ce n’est ni l’identité, ni la séparation absolue d’avec les morts. Et je me garderais bien d’y voir une espèce de magie visant à nier la réalité de la mort. Ce n’est pas une sorte d’ensorcellement sophistiqué. On le ressent comme quelque chose de très incarné, de massivement fidèle à ce nouveau monde de perceptions. Une fois que l’on ne peut plus vivre ni le flux du temps, ni une quelconque consécution ou induction, alors des sensations qui auraient été incommensurables peuvent désormais s’épanouir côte à côte. Comment, alors, qualifier cette perception démultipliée ? Une perception liminaire ?

Ce ne sont pas seulement les « comme si » qui vont fleurir, mais aussi les habituels et inattendus « Et si… ? », dont les pointes, comme des averses de flèches, te tourmentent après la mort soudaine d’un proche. Ils te placent juste avant le moment de la mort, de telle sorte que tu es maintenant en position de l’avoir empêchée.

Quel tact nous développons, pour éviter toute expression suggérant une hiérarchie entre les deuils. Je ne comparerais jamais ma situation à celle, par exemple, d’une veuve ou d’un veuf. Je ne revendiquerais jamais de vivre « le pire des deuils. » Et, dans ma catégorie, je ne comparerais jamais mon sort, infiniment plus léger, à celui de parents dont l’enfant a été torturé ou assassiné, s’est suicidé, ou bien est mort dans un accident stupide ou, encore tout petit, est mort d’une mort lente et douloureuse.

Et pourtant, pas besoin d’avoir élevé une douteuse hiérarchie des deuils pour se demander ce qu’il y a de particulier dans le fait de perdre un enfant, quel que soit son âge, et pourquoi ce deuil semble d’un genre si différent de tous les autres deuils qu’on a pu vivre. La question exige plus que l’observation évidente suivant laquelle plus fort est l’amour, plus aiguë sera la douleur. Peut-être que ce qu’il y a de particulier c’est qu’avec la perte de ton enfant, ta propre expérience du temps est sans doute très encline à être perturbée parce que cette vie disparue s’était, pour ainsi dire, d’abord déployé dans la tienne.

Si tu as perçu le temps de ton enfant se dérouler silencieusement à l’intérieur du tien, alors quand la mort te coupe de cet enfant, ce temps dédoublé à l’intérieur de toi est lui aussi « arraché du ventre de sa mère avant terme » [2]. Le tien, et celui de l’enfant. L’amputation de sa vie laisse une entaille en travers de la tienne. Toi, sa mère, tu ne peux plus être présente à toi-même suivant l’ancien mode temporel. Une image sculpturale se lève et te saisit : ce creux où tu abritais la vie de l’enfant t’a maintenant été retiré. C’était l’espace du passé de l’enfant, qui reposait en toi comme une enveloppe interne, enveloppée dans ton temps propre. Cet enfant que tu as eu seule, quand tu étais jeune toi aussi, cet enfant qui a grandi avec toi, niché en toi comme une poupée russe dont les années, plus petites, reposaient dans les tiennes, cet enfant t’a donné un temps à plusieurs strates. A ce moment-là, tu avais encore les temps.

Et pourtant après cet évidement provoqué par la mort, une nouvelle incorporation se produit : l’enfant est réanimé par tes efforts pour incarner en toi ses qualités et les faire vivre encore. Peut-être est-ce là le sort particulier des mères dont les enfants sont morts : de continuer à contenir cette autre vie, et de l’abriter une deuxième fois jusqu’au bout. Une première fois, avant que l’enfant ne naisse, et une deuxième fois, après sa mort, quand tu te retrouves avec cette sensation d’avoir assimilé son esprit. Cette renaissance partielle peut être épuisante et inquiétante ; tout comme une grossesse inversée, se rembobinant depuis la mort de l’enfant jusqu’à son retour en ton corps. Et ça s’exerce en toi sous la forme d’une sensation, vigoureuse mais pas particulièrement déconcertante, de vivre en dehors du temps.

J’ai peur d’oublier cet étrange mélange d’ironie silencieuse et d’absence totale de malice. Mon esprit fait des suppositions : « Bon, J. ne m’a pas rappelé, et il n’est jamais resté si longtemps sans m’appeler ; donc c’est peut-être vrai qu’il est mort, après tout. » Alors je suis un peu honteuse, mais amusée aussi, de surprendre ce stupide calcul qui additionne ses lignes en moi.

A chaque fois que je dois mentionner à quelqu’un que « mon fils est mort », j’ai toujours l’impression que c’est une exagération, un mensonge destiné à me mettre en scène. Mauvais goût. Ou bien, que c’est un manque de loyauté envers lui. Car je n’ai pas le moins du monde l’impression qu’il est mort, mais simplement qu’il est « absent ». Même s’il restera absent pour le reste de ma vie. Le mieux que je puisse espérer est de le voir, en hallucination, au moment où je mourrai aussi.

Ce n’est peut-être qu’en oubliant les morts qu’on peut leur permettre d’enfin mourir. D’être enfin morts. Et ça ne peut découler – une fois que le temps a pris, ici, l’initiative – que du fait de les envoyer dans un temps qui aurait décidé de reprendre son écoulement. De son propre chef. Quand et si cela peut se produire, je n’en peux rien savoir. Et je ne peux plus le vouloir.

Le temps « est » la personne même. On baigne littéralement dans le temps. Cette gigantesque plongée vers un temps arrêté n’est pas une sombre rumination philosophique sur la fragilité de la vie. Ce n’est pas le même « je » qui vivrait avec un sens altéré du temps, mais une personne dont la forme est entièrement neuve. Je ne sais pas encore comment cette personne sera. Si écrire était un modeste travail de mise en forme, de correction, maintenant toute ta maigre maîtrise a été broyée par la mort de ton fils. Ça, tu ne peux pas le corriger.

Tu es là, en train de prendre des notes, sans jamais avoir eu besoin ou envie d’employer des mots tels que peine, chagrin ou deuil. Comme s’ils étaient trop habituels, trop sépia, et presque décoratifs, d’insipides contenants. Tu ne te berces pas non plus de l’idée qu’une vie laisserait ses échos dans l’air comme le passage d’une musique – rien de si gentiment mélancolique. Au lieu de ça, cette vie au présent qui est la tienne, cette écharde d’existence la plus fine, se dessine en contours durs, nets. Les profils sont bouchés, sans ombrages pour les adoucir. La vue se dépouille, comme dans une vision en tunnel. Et pourtant, sous ton regard rétréci, tous les morts de la ville sont présents en même temps, jouant du coude dans les rues. Un flot de silhouettes, partout : chevaux, calèches, voitures. Les fantômes de la circulation se fracassent au-travers de toi, à chaque route que tu traverses. Rubans gris de collisions insensibles. Mais tout ça n’est pas brumeux, ou teinté de violet, ça n’a rien à voir avec le « deuil » tel que tu as pu un jour te l’imaginer. Tout cela est net, dur, clair. Le fluide de temps intuitivement perçu où tu baignais s’est brusquement vidé. Tu vis désormais dans l’air, dans sa clarté, sèche et sans ombre. Sa simplicité transparente te maintient à flot.

Par quel moyen pourrons-nous jamais être à nouveau attachés au monde ?

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Deux ans et demi après

Absolument aucun temps. Aucun temps.

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Trois ans après

Désormais j’ai arrêté de prendre des notes.

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[1] Emily Dickson, Poésies complètes, trad. Françoise Delphy, Flammarion. (« The thought behind I strove to join/Unto the thought before,/But sequence ravelled out of sound/Like balls upon a floor »)
[2] Macbeth, Acte 5, scène 8, Trad. F-V Hugo. (Despair thy charm,/And let the angel whom thou still hast served/Tell thee, Macduff was from his mother’s womb/Untimely ripped.)

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