« ដោះ »   (6/10)

par Christophe Macquet

[ɗɑh]

(DANS LA NUIT KHMÈRE)

.

Nocturne, retour, mère morte. Extrait d’un manuscrit inédit de 108 textes et 108 photographies. Dâh, en khmer, signifie le sein, mais également dénouer (les nœuds qu’on a dans la tête), libérer (il s’agit d’abord d’une libération d’éthanol). [Note de l’auteur]. Lire les précédents épisodes.

.

.

38. Fond d’fût

Les portes bêlent comme des chèvres et les chèvres gémissent comme des parturientes, gising na, gising na, elle se sert de la bière répandue comme d’un encrier, Avine et Archibald, vidés, ectomacquet, il faut oser la rose, et traquer Bill-ta-rouille, il faut partir, insulavine, ma p’tite merlouche, y’a des alcools, plus tu avancent (sic) en eux, plus ils te paresses (sic) excellents, l’équerre et le requérant, origine (oghi-gin), Guynemer, Sam Peckinpah (avec l’amour), desarroyoyo à la raison fraîche, je bois à ta santé, garza, la garce, si blanche, par rapport à ma brune, ne demande point de grès, Zénon, sois généreux avec ton porchain (pormis à une disparition porchaine), viaje, vieja, un compresseur de clim, « Watched from the wings as the scenes were replaying », fond d’fiu, the full is moon, allongé comme une barre de nougat, in Wonderland, on te coupe les cheveux sauvages, bélot-n’a-qu’un-œul, Faulkhmer, una bruja está mirando, le père d’Erka appartient au clan Nerun (des chasseurs de loups), « donnez-moi un château mammaire », ils mangent la tête rentrée dans les épaules, en lançant des regards affolés, l’avoine des près, Buselin, Pichun de las Islas, une gazouilleuse, dompter les hommes, la prunelle pinailleuse, La Bella Confusione, les cierges torsadées du popil, oreillons à Kreutzberg, « the Madonna was yours for free », longueur d’une choppe, je ne distingue plus mon demi, caput mortuum, le rappel des esprits, les sabots fleuris des légendes, il est arvenu prind’ un coup d’totot’, je me souviens, les vases de majolique sur la terrasse abandonnée, portègne-décollée, une poularde truffée de riz fermenté (ត្រប៉ែ​ឆ្កួត) avec une breloque de laiton LOVE à l’oreille, les mots quai-cabaret-cauchemar, tuer définitivement la question du voyage, libération (relibation), une peinture autophage, une terre d’extrême violence condamnée à se projeter dans le rêve, petit Velho dans ma tête, la fièvre, cette vulve que tu m’envoies, cette plante exotique carnassière, sur le terril encore chaud des misères, un échortain, alhambiqué, chantre-luronne, toute ma batellerie dispersée, « preferiría sentarme a vender tortillas en el suelo del mercado de Toluca », j’ai froid, bonjour amis du monde A, voulez-vous trinquez avec moi ? maigrichonne au silence oriental, i s’a fait dégomaille, dans le bois de Loudon, belle comme une musulmane de Bénarès, បក្សី​ចាំ​ក្រុង, une estampeuse à quatre pattes, vertigênée, sur un plancher de bambou frais, « Je crois entendre encore, caché sous les palmiers », ça dépend ou ça pend, Screen Kierkegaard, dans l’atoll d’Aratu (Artaud), une épine dans une meule de foi, la cré(m)ation, à corps perdu écrit l’habile main droite, des vieilles sans cils, des villes sans ciels, comme un grand con de Bruxellois qui court après un tram, monsieur Dürnkrut, la perdrix grise, il était impulsif et croyait que la Terre était plate, la mécanique est chaude, je deviens respiration brûlante à ses trousses, en fin de journée, la c(l)oserie Le Clézio, ça plane, le soleil vient mourir sur le cuir des buffles, mon stylo-bille a des ratés, je le ranime à la flamme de mon briquet, elle s’est rasé le sexe comme sa cousine Tum, hiératique, potinière, floraison des échinopsis, « il épousa Lysis, à laquelle il donna le nom de Mélisse », asymétrie, mon côté droit enflé, espèce de chique, il est cor sul’même bord, en route pour la soie, Isaac comme Pierre Dac, œun’ belle garnoulle, ne croyez pas en l’O de l’A, son bonbon réniforme, le duvet blondi par l’été, la belle lanceuse de Corona (elle ne sourit jamais), gardénia au parfum légèrement poivré (mon erreur : la fleur du Sud-Ouest), elle se souvient fout bien de mes délires de cocotiers, ruer dans les blancards, Poor John Riley, dans l’archipel kodiak, holy lolos d’Ohlain, disparue dans les nénuphars, la nique à toute transcendance, Milee, Nakry, Queen of the Night, Jasmin de Nuit, un gno se désaltérait dans le courant d’une onde pure, tandilaryen, cola de milano merluza, jointée, la gnôle en quantité, méfiez-vous du gnangnan (il est sans pitié), bonne nuit, aussi différents l’un de l’autre qu’un ramboutan et un litchi, Eustache, macérations, j’ai la bite encore toute collante des trépidations de ton épouse, Les Nocturnes de Whistler, et Macquet s’amène (ἐμᾰχεσᾰ́μην) et s’anéantit, Arda, moustaches, de gros aplats d’intime écrasant les structures, peau frémissante, une nuit d’estivation, catalepsie, une cuite au kvas (goût de pruneau), je couvre tes menées, ses mains de princesse s’épaississent, la fugue des seins (die Fügung des Seins), elle est pâmée d’auberge, le rire-gloussement d’entrée, le rire-aspire-la-salive, le rire-sans-cervelet-qui-mousse, quand les rouges montrent la tinette, l’hystérique reluque entre les gambettes, coup de fil, goût de fille, tout s’est passé derrière la pagode des voleurs, tout fut confus, son réceptacle (j’avais tapé respectable), Avinas c’est le bouc, Greta s’étendait comme un fleuve, leurs sanglotis, l’homme a le droit de se faire greffer le vagin de la valse-hésitation, train, tarin, t’as rien, le train faisait Ratana-Ratana (dans ma tête), son cul me parlait dans le vieux-slavon des Psaumes, je ne savais pas le minéral si coquet, les joues ensanglantées, les yeux vibreux, quéquette-bat-les-œufs, εκένωσεν, les libellules s’existent, l’âme et les formes, les femmes et l’or, heureux d’être enfin de retour où le lapin n’attrape jamais la lune, il doit être commissionné quelque part, le torse dégagé comme la plaine, parfondu et clystère, ombrée de mauve comme un monstre ingénu, toute nue, côte mal taillée, danser, tomber, pleurer, chanter, fond d’fût.

.

.

50. Chanson d’un voyageur

.

« បើផុតជ្រោយមួយ
បងមិនស្រណោះ 

56

បើផុតចុងដោះ
ស្រណោះដាច់ខ្យល់។ »

.

.

52. Traduire en picard boulonnais

« Menteur, avale ta salive » (Mallarmé)

59

អា​បារាំង​នោះ​អួត​ថា​ច្រៀង​ពិរោះ​ដូច​មករ​ខ្ជាក់​កែវ តែ​ច្រៀង​ដូច​មាន់​អួល​អាចម៍​អញ្ចឹង។ ពួក​ខែ្មរ​យើង​នឹង​កាត់​អណ្តាត​គ្មាន​ឆ្អឹង​របស់​វា បោះ​អោយ​ឆ្កែ​ស៊ី។ 

Traduction (approximative) en français standart : « Ce maudit Blanc prétend qu’il chante en khmer à merveille (comme un Makara qui crache des diamants), mais il chante horriblement mal (comme une poule qui s’étrangle avec son caca). Nous, les Khmers, lui couperons sa langue de bavard (sa langue sans os) pour la jeter en pâture aux chiens.

.

.

59. Fin d’vie – Wimereux, mai 2017

Fin d’vie, grand froid, patelles (« chapeaux chinois »), des récits qui tiennent, des récifs, quarante-sixième naissance d’Avine, manchots et goélands, au fil des ans, La Curieuse, les sportifs anglophiles, le ketch lancé à Boulogne-sur-Mer (chantiers Lefèvre) en avril 1912, devenu vaisseau-fantôme en Polynésie, fin d’vie, lagon, œil jaune, qui-vive, la mort et les couleurs, Manao Tupapau, il fait chaud, les dénominations s’assoupissent, fin d’vie, grand froid, sternes et pétrels, le silex fait chanter la vague régressive, patelles (« lampotes », en picard boulonnais), le monde est beaucoup moins chantant sans elle, île d’Apipé, la beauté des toponymes guaranis, fleur d’irupé, je lui souris, navire aux Kerguelen, quarante-septième naissance d’Avine, sous le commandement de Rallier du Baty, qui donnera le nom de Léon Lefèvre à l’une des îles de l’archipel, fin d’vie, elle ne peut plus marcher, quarante-huitième naissance d’Avine, danger, maquette, les pensées dilatées, cormorans et gorfous, patelles (en khmer, « seins de pucelle »), varech, pleine lune, Asie, actions solubles dans la photographie, fin d’vie.

.

.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s