Recommence

Par Olivier Domerg

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_______« Ça comMANSE ou recomMANSE », diras-tu, sitôt que tu le découvres d’un nouvel endroit, et, bien plus souvent maintenant, sous un nouvel angle ou un nouvel éclairage
___________– de l’expression – ?
.

« Ça comMANSE ou recomMANSE », ici, au mitan de l’Adrech, bande de terre entre torrent et plaine, sur la terrasse d’un des chalets où ton flair t’a mené : banc blanc, dans la redondance du son et du torrent, et dans la même orientation ou presque que St-Hilaire :
________Combe herbue,
________couverte de pissenlits,
________mêlant jaune et vert
________jusqu’au lit du torrent :

________l’eau vive entr’aperçue
________à travers les taillis,
________le foisonnement ripisylve ;

cordon pastel,
enchevêtrement hirsute
mais étrangement paisible,
accueillant,
_____________ et dans l’étalonnage
du chant des grillons
et des oiseaux.

« Ça comMANSE ou recomMANSE »,
l’immanence de la montagne,
dans cette position
là,
et en dépit de ses divers atterrissements.
.

Autre face moins fessue, mais autrement modelée, avec les forêts des Pouas, transversales, Escalier à main droite, le hameau qu’on devine sur la première
crête collinaire,
_________________ puis le « façonné quelque peu fascinant »
_________________ du Puy : lissé des bosses
tapissées d’herbe ;
___________________ maillage beige et vert,
_________-__________________________________et la couronne blanchâtre
___________________________________________ d’un cumulus en écharpe.
.

– Et, sur tout ça, quoi d’autre ?
Le bleu du ciel ?
Oui, ça va de soi : le bleu du ciel et
la paix des graves
__________-_________ suggérée d’un ton léger
___________________________________–_________(de St-Léger-les-Mélèzes) ;
dans l’incommode d’écrire ainsi, carnet
sur les genoux, en plein soleil,
________________________________après s’être restaurés, tous deux, à moins de cent mètres du flux écumant et de l’ample rumeur que la tranchée répercute — et prenant peu à peu conscience de l’ensemble du motif qui, par conséquent, « comMANSE ou recomMANSE », dans cette douce et caressante déclinaison, et de ce que ce grand feuillus, au bas du pré mais à la verticale du sommet, cintre la scène et en centre le tableau ;

feuillus sur et sous lequel nous pourrions nous étendre une heure ou deux — et, pourquoi pas, piquer un somme (s’abandonnant à une sieste d’après-déjeuner), vu le calme et la sérénité qui se dégagent de ces lieux.

Vu aussi la clémence du temps, cette journée radieuse qui se poursuit, ventre rempli, tête enfin aérée, l’esprit vif, en totale adéquation avec l’entreprise désaliénante que nous tentons ici, et dont la motivation pourrait se résumer en ces termes : « réconciliation, avec le monde, d’abord ;
________________________________avec soi, ensuite ».

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[ Prose, 8  Romette ]
[ Tenir la note, 8 Champ d’Ancelle / Les Travers, 16 avril ]
[ chant huit dit « de l’Adrech » — Recommence ]

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