Lirisme, 7

par Aurélie Foglia. Lire les autres épisodes.

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un livre mais c’est quelqu’un

qui vous accompagne même quand il neige et qu’il n’en fera rien

à l’image d’un arbre vous attend au détour derrière un buisson sans

ménagement vous pousse à l’intérieur des mots vous remontent dans le corps d’autres vous descendent

maintenant qu’aucun dieu ne vous viole plus il est le seul

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on sait des livres qui se déplacent très lentement

mais par bonds brusques après de longs stades d’immobilité

se traînent à travers nos reflets flânent à la dérive

rassemblant leurs dernières forces pour faire basculer le sol

changent la marche

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d’autres étant mouettes à quatre pattes cerfs-volants sans vent ou encore

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l’œil bombe

à travers blancs

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s’insère à l’aveugle entre les idées murées par la brume les pans abattus de lui-même

détaché

par la voix d’un ancien mort riant de rien

d’un même mouvement

tient en haleine sous respiration artificielle

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comme une feuille
dans un fleuve
qui surnage

être emporté

du moment
que les feuilles
bougent encore

suspendues
au-dessus
de mon vide

se tient
l’instant
à l’instant

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une fois
qu’un livre
se donne

à lire

d’un coup sec
se retire

non sans
laisser
des marques

rouges
sous la peau

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j’aime sentir

ici

l’enveloppe
qui lâche

les signes
gicler

de la langue
purgée de gel

quand le printemps
se voit

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encore un

qui s’est pendu

aux lèvres

d’un livre

.

il en ressort

que c’était bref et sans art

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cette visite de la mer

démontant nos ruines

avec le monstre tapi

dans un coin de la nef

.

la police qui s’interpose

pour éviter l’effusion

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ne dis rien

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patiente comme un livre

greffé sur une cuisse

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un cerf un chien peut-être

courraient à la recherche

de rien jouissant

de leurs muscles huilés

par l’élan

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pas eu le temps comme eux

de poser des noms sur les environs

se décollent

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une bouche flotte

au fond d’un étang

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un livre tient

par la main
son passager

en train
de prendre
le train

va trop vite

sur les passages
pathétiques

pendant un pays
age insensible
à l’obscurcie

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voyez-vous

la privation continue

le rire le temps
d’un champ très vert la vitre

accélère

la modification du cadre
entre les lignes

dans le déplacement
rivière route

des arbres foncent les allées
filantes des vies qu’on émet

rêves maisons minutes

une fraction de verger s’est vue
arborer ses fleurs à perte

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*

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ce qui vient

d’émerger replonge
loin derrière de nouveau

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la vitesse sert d’extracteur
à miel

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les mots lèvent

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les fantômes de tout
dans la beauté d’un site

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les pages font un bruit de frein

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touriste de ses rythmes

.

le corps a mal d’être

un spectacle privé

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qu’on lui arrache

des yeux par les yeux

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dès qu’on tourne

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comme jamais voir

se poursuit
à travers

sa fuite

.

tunnel le temps ralentit l’œil
rivé sur ce qui se

montre une femme
en regard

vient de renverser son livre
par la fenêtre inamovible

imprègne la moquette blanc

et noir où des vaches tachetées
ruminent ce geste sans suite

entre ses tenailles

.

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À suivre…

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