Planète plate, 8

Par Fabrice Caravaca. Retrouvez ici les précédents épisodes.

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Le trouble parfait. L’existence parfaite. L’idée excellente d’une planète plate qui ne dormirait pas et serait dans les confins des galaxies et dans le tutoiement évident des trous noirs. Une planète plate qui parlerait cent langues dans l’absence même des paroles aux soleils éteints pour leur dire les constellations et les rumeurs de nouvelles atmosphères. La planète plate est de l’être. La planète est très précisément une planète plate dans l’infinie possibilité de toutes les planètes dans toutes les galaxies et au milieu de leurs espaces communs et au milieu d’espace-temps prévisibles.

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A force d’être plate la planète en finirait par douter de sa qualité première. Si la planète existe c’est parce qu’elle est plate. Si elle ne l’était pas ce ne serait pas une planète plate. C’est évident dit de la sorte mais dans la matière première et totale de la planète c’est encore autre chose. La planète est par dessus tout : plate. L’histoire des planètes qui pourrait vouloir le contraire s’égare, se trompe, perd le nord dans l’immensité de l’espace qui entoure les planètes qui entourent la planète plate et qui entoure l’histoire des planètes et de la planète plate.

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L’existence de la planète plate est plate. C’est-à-dire dense. C’est dire les possibilités élastiques de la planète. Les transformations possibles de la planète plate dans son être. C’est dire cette grande force d’être toujours multiple et pourtant une et unique et qui ne bouge pas même en ses tremblements tant elle bouge.

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La simple histoire de la planète. Toutes les histoires autour des planètes et des planètes plates et des planètes plates planètes-planètes. Toutes les histoires. La planète plate est faite aussi de fatigue et de haute lassitude. La planète plate est ivre de fatigue. La planète plate est une planète plate et cela semblerait déjà bien suffisant. La planète plate repose sur elle-même et repose aussi au-delà d’elle même. La planète plate n’a pas de socle ni de seuil. La planète plate connaît bien des histoires et la sienne aussi. L’histoire d’une autre histoire qui oublierait toutes les histoires. Comme la planète plate veut bien oublier toutes les histoires qui la font plate. Qui la font lasse de ces périodes perdues des fonds de l’espace et de l’ensemble des géographies possibles. La planète plate est une tautologie qui ne coud pas les histoires les unes aux autres mais qui vit sa grande qualité sans retenue et en silence. La planète est plate. Ce ne sont pas des histoires. Elle vit, plate, ici et parfois un peu là-bas. Cela dépend de l’orbite et de ses mesures du jour. La planète plate s’égare rarement au-delà d’elle-même. Elle porte en elle sa propre émancipation et son propre respect.

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À suivre…

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