Présentation

Par Martin Bombled

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Bai Juyi (772-846) est un poète chinois du milieu de la dynastie Tang. Adepte du bouddhisme zen, il exercera une influence majeure sur le développement des cultures et des littératures chinoises et japonaises. Il succède aux trois grands poètes Tang – Li Bai, Wang Wei et Du Fu – et s’en démarque en cultivant un style moins fleuri et plus sobre que ses ainés choisissant de s’adresser aux multitudes par le travail d’une langue populaire et débarrassée de ses vains ornements.

D’origine modeste, il occupera plusieurs fonctions à la cour à partir de 814 mais ses écrits, dénonçant souvent les bassesses humaines et les comportements des puissants, lui vaudront à plusieurs reprises de perdre les faveurs du pouvoir et d’être contraint à l’exil.

Son poème narratif « 恨歌 » (pinyin : chang hen ge) publié en 806 et souvent traduit par « Le Chant des regrets éternels » puise directement dans des événements liés à la cour et prend sa source dans la rébellion d’An Lu Shan. Le poème de cent-vingt vers de sept caractères chacun s’inspire de l’histoire d’amour entre l’empereur Xuanzong et Yang Gui Fei.

Tout en prenant soin de situer l’action quelques six siècles plus tôt, le chant nous montre ici comment l’amour, le plaisir, la jalousie et la convoitise menacent le pouvoir politique. Nous en retiendrons le combat de l’amour et de la mort pour l’éternité mais peut-être plus encore : si le poème propose quelque tentative de permanence, nous comprenons que c’est à une permanence de l’échec que l’on assiste avec cet homme qui n’a pas su mourir pour ce qu’il aimait.

Lire le poème de Bai Juyi

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