Planète plate, 7

Par Fabrice Caravaca. Retrouvez ici les précédents épisodes.

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Il existe plusieurs histoires qui parleraient de la planète plate. Plusieurs allusions à la planète plate dans la grande histoire des galaxies que connaît bien la planète plate. Plusieurs aussi silences autour des histoires de la planète plate. Et les longs silences souterrains de la planète plate. Comme si la planète plate n’était pas. Ou plus précisément n’y était pas. Ni dans les silences ni dans les galaxies ni dans les histoires. Ou encore moins dans les folies parfaites de l’invention des planètes et des histoires. Il y a des planètes qui parlent beaucoup ; elles ne sont pas plates ou plus encore elles ne sont pas planète. La planète plate est unique. Elle ne parle pas. Elle laisse faire. Elle laisse faire parfaitement et calmement vibrer ce qui vibre en ses territoires et espaces. Elle a le temps et des soleils tout autour. La planète plate dort d’un sommeil bien plus calme que tous les sommeils puisqu’il s’agit d’un sommeil transparent et lent et patient. Ou la planète plate sait les rêves qui s’endorment en ses surfaces et en ses sismographies. La planète plate a des rêves d’avance.

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Il y aurait un au-delà des rêves pour la planète plate. Il y aurait tout aussi bien un au-delà de la planète plate pour la planète plate. Il y a une métaphysique pour la planète plate. Il y aurait de la même façon une métaphysique de la planète plate. Un trouble dans la planète plate. Un trouble créé par et pour la planète plate. Pour être planète plate au-delà même de tout ce qui la fait plate. Et de tout ce qui la fait être. Et de ce qui la fait pensée. Un être plate qui dépasse l’être de la planète. A dire le vrai une pensée sans langage qui définit déjà l’existence de la planète plate. Quelque chose qui serait là et qui y serait sans la planète, parfois. Qui chercherait la planète avant même la certitude de l’existence et de l’être de la planète plate. La planète plate serait et est l’invention du doute. Et ainsi et aussi la planète plate pourrait s’affirmer en tant que fantasme au-delà du fantasme. En tant que fantasme au-delà du rêve. En tant que rêve au-delà de lui-même. Existence parfaite d’un être qui ne cherche pas à être au-delà. C’est-à-dire qui connaît les limites exactes de son corps et de son corps rêvé puisqu’il n’en a pas. Un être, une planète plate silencieuse dans ses langages et en ses espaces et territoires qui vit simplement.

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La planète plate n’a pas de morale. Elle est. La planète plate est une planète plate. Et c’est bien ainsi. Elle ne connaît pas les spéculations autour de l’existence des planètes plates. Elle ne connaît pas les planètes plates. Elles est seule, calme, lente et silencieuse et tremblante aussi parfois. La planète plate est un corps. La planète plate est un corps de matières plates et un espace géographique et temporel unique et paradoxalement multiple en son propre sein. Mais cela est toujours simple et évident. Tellement évident que la planète plate n’a pas de nom.

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À suivre…

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